Monsanto condamné à payer 2,8 milliards Fcfp à une victime de son pesticide Roundup

C’était ce qu’on appelle “le procès du glyphosate”. Un tribunal de San Francisco a condamné, vendredi 10 août 2018, la firme agrochimique internationale Monsanto à payer 289 millions de dollars (env. 2,8 millards Fcfp) de dommages pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide Roundup à l’origine du cancer d’un jardinier américain, Dewayne Johnson. Cette victoire judiciaire contre le géant des produits phytosanitaires soulève un grand espoir chez les victimes des pesticides de synthèse.Pour la première fois, un tribunal américain a reconnu un lien de cause à effet entre l’utilisation de l’herbicide Roundup, du géant de l’agrochimie Monsanto, et un cas de cancer, celui d’un jardinier américain de 46 ans, en phase terminale d’un lymphome déclaré en 2014. Le jury a considéré que la multinationale avait agi avec « malveillance » et l’a condamnée à 289 millions de dollars (env. 2,8 millards Fcfp) de dommages. Plusieurs centaines de documents internes (courriels, fax, rapports internes, correspondances avec les autorités, etc.) de la société Monsanto, obtenus dans le cadre d’actions en justice, avaient été rendus publics dans le courant du premier semestre 2017 par la justice fédérale américaine. Ces « Monsanto Papers » ont joué un rôle déterminant dans la condamnation de la firme.

L’affaire n’est cependant pas terminée puisque Monsanto, récemment rachetée par le groupe allemand Bayer, a immédiatement annoncé son intention de faire appel. Ce géant de l’industrie agro-chimique, considère que le glyphosate (principe actif du Roundup) ne présente pas de danger pour la santé humaine lorsqu’il est utilisé conformément aux usages. Ce jugement historique est cependant susceptible de peser sur l’agriculture mondiale. Fin novembre 2017, l’Union européenne (UE) a autorisé l’utilisation du produit pour cinq années supplémentaires.  Le gouvernement français a quant à lui qualifié d’«historique» ce jugement qui selon le ministère de la Transition écologique confirme la décision «pionnière» de la France d’interdire le glyphosate en 2021. Le ministre Nicolas Hulot a en tout cas évoqué le « début d’une guerre » contre les pesticides à la suite de cette condamnation de Monsanto pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son produit Roundup. «La justice agit là ou le gouvernement n’est pas présent, il faut que les citoyens continuent de se mobiliser pour que le glyphosate soit enfin interdit en France et en Europe», a indiqué à l’AFP un représentant de Greenpeace France.

En Polynésie française, le ministère du Développement des ressources primaires a annoncé, en novembre 2017, avoir décidé d’inscrire rapidement cet herbicide sur la liste des produits non autorisés à la vente en Polynésie française. Suite à la réaction d’agriculteurs conventionnels, le processus n’est pas encore engagé…